Une vocation et une profession?

On a eu l’occasion de prendre enfin connaissance des revendications de celles qu’on appelle les gardiennes encadrées, ces personnes qui, chez elles, élèvent de jeunes enfants dont les parents travaillent et qui n’ont pas de place dans une institution d’accueil (crèche). Elles sont considérées comme des femmes au foyer, des volontaires mal rémunérées, surveillées et ne bénéficiant pas, par leur travail, d’un statut de sécurité sociale.

Leur statut social ne comporte que les droits dérivés par le travail d’un membre de leur famille; soins de santé : oui; incapacité de travail ou allocation de chômage ou pension de retraite : non.

Les intéressées réclament la reconnaissance de leur profession.

Est-il étonnant que quelque dix mille personnes concernées soient toutes des femmes (montrez-nous les gardiens encadrés!). Non parce que cette activité serait le résultat d’une vocation mais bien parce qu’il s’agit d’une activité sans avenir, instable, d’une situation pleine de responsabilités non reconnues ni valorisantes ?

Invitation à l’élaboration d’un questionnaire aux mandataires politiques

Le Groupement belge de la Porte Ouverte continue à étudier la question de l’AIDE AUX FEMMES EN POLITIQUE. Et le groupement de réflexion vous invite à contribuer à l’élaboration d’un QUESTIONNAIRE AUX MANDATAIRES POLITIQUES le MARDI 11 SEPTEMBRE 2001 à 19 heures. Dans une des salles d’AMAZONE. Rue du Méridien 10 à 1210 Bruxelles. Bus: S.T.I.B.: 65-66 ; De Lijn: 107-108-358-BH-BK-BZ. Métro: Botanique ou Madou ; Trams: 92-93-94.

Il apparaît de toute évidence que l’entrée des femmes en politique est une œuvre de longue haleine ; la partie féminine de la population y est tout entière impliquée. Le parcours individuel des femmes se ressent sans doute de la situation d’ensemble des femmes dans une société donnée, en l’occurrence la nôtre. Si les femmes accèdent aux postes à responsabilités à un âge plus avancé que les hommes, cela ne se remarque pas seulement en politique. Y a-t-il plus souvent pour les femmes que pour les hommes d’interruptions dans la carrière politique avec les conséquences que l’on constate au moment de la retraite. Les partis imposent-il aux candidates un programme de noviciat différent de celui des hommes ? Les femmes, en politique comme ailleurs, cheminent-elles plus longtemps que les hommes dans allées latérales du pouvoir et pourquoi ? Le parachutage à partir du monde extérieur à la politique est-il ou non plus fréquent pour les hommes que pour les femmes ? Fait-on un accueil différent aux transfuges des deux sexes ?

Venez avec vos réflexions, vos questions… et vos propositions pour résoudre les problèmes spécifiques que les femmes rencontrent dans la vie politique.

Éditorial

Parmi toutes les discriminations, la discrimination de sexe/genre a une place particulière, qui n’est pas – loin de là – une place privilégiée dans les préoccupations de ceux et celles qui combattent les droits que l’on appelle si bien les « droits de l’homme ».

Elle est notamment universelle et ubiquitaire, elle atteint chacune des personnes qui appartient au genre féminin, quel que soit son rang dans la hiérarchie d’une autre classification (race, classe sociale, fortune, etc.). La discrimination à l’encontre des femmes, elle est pratiquée même chez les personnes et les groupes qui défendent d’autres groupes discriminés. Elle a aussi une longue tradition – qui ne la justifie pas – dans les siècles et les millénaires, comme le rappelle une anecdote.

Une femme. Agnodice est un nom de femme. Elle s’est dit que cette loi interdisant aux femmes d’être accoucheuse était déplorable et on ne peut plus incommode ; elle voulait être à tout prix accoucheuse et elle a réfléchi trois jours et trois nuits au moyen de le devenir. À l’aube du troisième jour, elle a entendu un bébé pleurer dans la maison voisine, et elle a trouvé sur-le-champs ce qu’elle devait faire. Elle a coupé ses longs cheveux sans plus tarder, s’est vêtue d’habits masculins et s’en est allée écouter les cours de Hiérophile. Quand elle a su ce qu’elle voulait, elle a commencé sa pratique et elle a eu un succès considérable, madame. (Natsumé Soseki, Je suis un chat, Gallimard).

La ségrégation vestimentaire coutumière des personnes a dû être enfreinte par de nombreuses femmes pour accéder à des études ou à des professions exercées jusque là exclusivement par des hommes; on pensera, par exemple, aux métiers des armées et à Jeanne d’Arc. Mais ici, dans le cas d’Agnodice, il s’agit d’une activité qu’on pourrait croire « naturellement féminine » et l’on redécouvre le phénomène d’éviction des femmes dans le même domaine quand, au XIXe, les médecins – métier alors fermé aux femmes – supplantèrent les sages-femmes.

Il est inutile de rappeler à nos lecteurs et lectrices que c’est précisément la spécificité de notre Groupement que de lutter contre l’éviction des femmes, comme le rappelle cette photo datant de 1975 montrant trois membres de notre groupement lors de l’émission du timbre consacré à Marie Popelin dont la lutte pour devenir avocate est à l’origine du mouvement féministe dans notre pays.

Nous avons déjà rappelé l’initiative «Quo vadis» du Ministre fédéral qui appelle à l’entrée des femmes dans les métiers dits masculins.

Au moment où l’industrie automobile (19 août 2000) recherche du personnel et se déclare disposée à le former, exprimons notre volonté de voir davantage de femmes dans les garages, les ateliers et les bureaux d’études de ce secteur.

Europe

C’est à Bruxelles que sera lancé le Cinquième programme communautaire en matière d’égalité des chances entre les hommes et les femmes.

Au cours de cette journée seront étudiés non seulement des problèmes théoriques mais aussi l’expérience dans tous les pays d’Europe et la responsabilité des syndicats et des entreprises.

LA CONDITION DES FEMMES se distingue de celle des hommes partout dans le monde. On trouve partout, malgré les textes légaux, une supériorité numérique des hommes dans les postes à responsabilité. Cela se remarque dans les grands pays mais aussi dans les petits pays. Aujourd’hui, nous consacrerons notre attention sur la principauté d’ANDORRE d’après le rapport que ce petit état (moins de 500 Km2, comptant moins de 100.000 habitants) présente aux Nations Unies sur la discrimination des sexes (CEDAW/C/AND/1), lequel souligne que l’accroissement récent de la population est dû à l’immigration et que ce phénomène est principalement masculin.

Le rapport souligne que la Constitution et les lois reconnaissent et établissent l’égalité entre les personnes des deux sexes. Mais le taux d’activité des femmes est inférieur à celui des hommes.

Et le rapporteur officiel écrit avec une grande sincérité: «Les archaïsmes (sic) hommes/femmes se retrouvent dans les postes à responsabilité de la fonction publique.»

Il est aussi intéressant de connaître la situation que l’on rencontre dans les pays qui désirent faire partie de l’Union européenne.

Nous regarderons aujourd’hui la documentation que la HONGRIE présente aux Nations Unies (CEDAW/C/HUN/4-5).

Nous lisons par exemple: L’article 76 du code civil qualifie de « violation des droits imprescriptibles tout type de discrimination négative exercé à l’encontre des particuliers, notamment pour des raisons de sexes, de race, d’origine nationale ou de religion ; l’atteinte de la liberté de conscience ; toute restriction illégale de la liberté individuelle.

Ne nous étendons pas sur le vocabulaire utilisé, le choix des mots n’est pas innocent, comme ce qu’on peut appeler l’évolution ou la flexibilité du sens donné au terme « discrimination » qu’il convient cependant de souligner comme on doit souligner, dans d’autres circonstances la substitution de l’expression « répartition équilibrée entre hommes et femmes » au simple mot « égalité ».

Le rapport cite des décisions égalitaires de la Cour constitutionnelle ; mais il se poursuit par une longue liste de mesures considérées comme « protégeant » spécialement les travailleuses, par exemple en excluant les femmes enceintes des heures supplémentaires (même si elles sont seules et ont besoin d’un supplément de revenu) ou des équipes de réserve qui ne prestent pas de travail déterminé, et même les femmes tout simplement « en âge de procréation » (sic) sont exclues de certains emplois Décidément, en Hongrie comme ailleurs, les justifications de santé sont longuement exploitées quand il s’agit d’exclure les femmes.

Les tableaux qui se trouvent dans le rapport montrent bien, eux, quelle est la situation réelle des femmes, en matière d’emploi, d’avancement et de rémunération.

Invitation à l’élaboration d’un questionnaire aux mandataires politique

Dans le cadre de notre réflexion sur l’AIDE AUX FEMMES EN POLITIQUE, le comité vous invite à l’ELABORATION D’UN QUESTIONNAIRE AUX MANDATAIRES POLITIQUES Au cours d’une séance qui aura lieu le JEUDI 18 OCTOBRE 2001 à 19h dans une des salles d’AMAZONE, 10, rue du Méridien 1210 Bruxelles. Métro: Botanique-Madou; Trams: 92-93-94; Bus: 61-65-66

Ne manquez pas de venir avec des personnes de votre entourage familier ou professionnel, pour contribuer à cette réflexion.

Il s’agit de dépister les difficultés rencontrées par les femmes, plus que par les hommes, dans l’annonce et le déroulement d’une carrière politique. Celle-ci n’est pas seulement un choix de vie, elle peut être une véritable carrière professionnelle et il s’agit d’une forme d’appropriation du pouvoir de décision. L’éloge du prétendu magistère d’influence des femmes (qui aurait pour but de les détourner de toute ambition réelle) est passée.

D’un questionnaire à un autre

Les réflexions que la présidente du Centre féminin d’éducation permanente au sujet des résultats de l’enquête récente faite sur l’emploi du temps des habitants de la Belgique sont très pertinentes.

Elle se demande où sont passés les « hommes nouveaux », ceux qui, partageraient leur temps entre vie professionnelle et vie privée de la même façon que les femmes et qui, en outre, feraient partie des ménages dans lesquels mari et femme se partagent les tâches domestiques et familiales comme celles de la vie professionnelle. Entre autres remèdes, Mme Lefebvre suggère que les femmes cessent de relever ( avec résignation plutôt qu’avec condescendance) combien « leurs « hommes sont maladroits dans les tâches ménagères; cette aimable critique est souvent bien acceptée par les hommes qui compensent parfois leur « humiliation » (sic) en ne se gênant pas pour stigmatiser en public la prétendue infériorité de leur conjointe dans des domaines qu’ils considèrent comme autrement nobles et valorisants.

Parmi nos membres, certain(es) émettent l’idée de consigner dans le contrat de mariage l’obligation d’un partage égal des tâches, au même titre que les charges financières. La même idée vaut pour les contrats de cohabitation.

Une autre question nous attend: l’enquête socio-économique 2001. on se souviendra que, lors du recensement général de la population de 1991, des femmes ont refusé de répondre à une question qui n’était posée qu’aux femmes de plus de quinze ans, à savoir la date de naissance de leur premier enfant. Il est certain que, dans la vie courante, d’un ménage et d’une famille, les réponses au questionnaire traînent plus ou moins à la vue de tous les membres de la famille et que les tentatives de dissimulation peuvent entraîner la curiosité et même la violence du « chef de ménage » par exemple. o On ne saurait recommander aux féministes de donner une réponse inexacte à une question de ce genre. Une action de protestation et de solidarité peut être que les hommes féministes répondent à cette question et que les femmes, elles, refusent de répondre à cette question par solidarité avec celles qui peuvent se trouver dans l’embarras ou s’exposer à la violence en y répondant avec sincérité. Ailleurs et en d’autres circonstances, des féministes ont, elles, affirmé leur culpabilité.

Les réfractaires seront amenés et amenées par état de nécessité à la désobéissance civile que tant de gens prônent ailleurs en d’autres matières.

L’intérêt de la question pour faire des prévisions démographiques ou professionnelles ne peut justifier le sexisme. La question fait partie de l’intrusion dan la vie privée des femmes qui est si fréquente, en fait lors des embauches; à ce titre, la question nous concerne.

L’axiome juridique en vertu duquel seule la filiation maternelle est certaine n’est pas retenue, n’est-ce-pas?, quand il s’agit pour une femme de donner son nom à son enfant.

Adèle Hauwel

À l’occasion de la présidence belge de l’Union européenne

notre ministre de l’Emploi et du travail chargée de l’égalité des chances entre hommes et femmes a organisé une session d’études concernant le travail des femmes.

Des sommités, des responsables y ont fait des exposés et ont communiqué les résultats de leurs travaux qu’il est impossible de résumer ici. on y a souligné, par exemple, que les écarts de salaires entre hommes et femmes pour un travail égal est plus marqué aux échelons inférieurs et supérieurs de la hiérarchie professionnelle qu’aux niveaux moyens, on y a souligné la responsabilité non seulement de l’état mais aussi celle de partenaires sociaux dans le processus d’égalité entre les hommes et les femmes, la nécessité de revoir l’évaluation des tâches pour établir l’égalité des salaires entre hommes et femmes et on a stigmatisé les effets néfastes de la ségrégation des travailleurs et des travailleuses pour l’égalisation des salaires.

La ministre a rappelé dans « Le fil d’Ariane » la nécessité de voir entrer un plus grand nombre de femmes dans les métiers masculins, c’est-à-dire « occupés » par une majorité d’hommes.

L’Europe entend, dans les années à venir, voir s’amplifier l’emploi des femmes.

Ceux et celles qui se sont usé(es) dans la militantisme féministe reconnaîtront que les travaux scientifiques du troisième millénaire confortent les revendications que les penseures du féminisme ont exprimées depuis des décennies.

Vous les féministes… vous manquez d’humour, nous dit-on.

En effet, nous n’apprécions pas le prétendu humour de dessins parus dans « Le Soir » (23 août et 1er-2 septembre).

Faisant référence à la proposition d’autoriser sans limitation le travail des personnes de plus de soixante-cinq ans, le premier dessin représente une femme manifestement âgée qui reçoit un contrat d’emploi et qui s’écrie qu’elle portera plainte à la moindre tentative de harcèlement sexuel. Ce n’est pas une évocation de la précarité financière de tant de personnes âgées mais une manifestation d’incompréhension devant la souffrance que connaissent les vieilles femmes qui subissent des agressions sexuelles.

Le deuxième dessin représente des hommes faisant des réflexions sur l’anatomie de travailleuses, leurs collègues, qui passent près d’eux. on se souviendra opportunément du temps où les féministes avaient la répartie facile dans le même ton.

Pourquoi ne pas protester auprès du médiateur du journal?

Des arts «féminins»?

Le concert de clôture du Festivaal van Vlanderen (12 octobre) est intitulé « Ladies first »; l’orchestre exécutera des oeuvres de compositrices sous la direction d’une femme chef d’orchestre et avec des solistes de sexe féminin. En novembre, la bibliothèque Albertine exposera dans la chapelle de Nassau des oeuvres d’artistes féminines qui exercent leur talent dans des disciplines variées.

De telles manifestations sont pour les artistes, dont les oeuvres sont trop souvent occultées, l’occasion de se produire. Mais on ne saurait cantonner les femmes dans un art dit féminin dont on parlerait avec condescendance comme on parle des ouvrages de dame. La variétés des créations artistiques des femmes prouvent à suffisance qu’on ne saurait cantonner les créatrices dans un soi-disant art féminin, même si cela vaut mieux que les interdictions faites aux femmes (que l’on songe à Fanny Mendelsohn ou à l’épouse de Mahler ou à Camille Claudel par exemple).

Une idée en l’air?

On fait bien de célébrer la mémoire de celles et de ceux qui se sont distingué(e)s dans la lutte féministe et de décrire leur parcours dans la vie et dans l’évolution des idées. Mais cela ne doit pas faire oublier ceux et celles qui ont ressenti, au cours du temps, un malaise devant la condition faite aux femmes. Ils et elles sont le terreau sur lequel le mouvement féministe a commencé à s’organiser. Comme on élève un monument au « soldat inconnu », pourquoi ne pas consacrer un jour au moins aux « féministes inconnus »? Un jour plus libre de célébration que les autres jours. Par exemple le dimanche 29 février 2004,

Voilà une idée en l’air?