UNE POLITIQUE DE L’EMPLOI…

…est une préoccupation majeure de notre époque…… et peut être de tous les temps. C’est une préoccupation majeure pour les institutions, les gouvernements et les groupes d’états comme l’Union Européenne qui a une stratégie européenne pour l’emploi.

Dans notre pays, le Conseil Supérieur de l’Emploi vient de publier (juin 2003) un avis concernant la politique belge en la matière.

Nous y avons cueilli divers passages qui ont un intérêt pour la réflexion sur l’emploi des femmes. Les perspectives s’étendent jusqu’à l’horizon 2010 mais on lit aussi des constatations qui concernent la situation passée et l’incidence des conceptions sur la situation actuelle de l’emploi des femmes. C’est une reconnaissance officielle des constatations faites depuis longtemps par les mouvements féministes : les auteurs de l’avis constatent que le taux d’activité des femmes de Belgique est notablement plus bas que celui de hommes de Belgique et de la moyenne européenne pour les femmes.

Affinant l’analyse, ils étudient les divers groupes d’âge et constatent que le taux d’activité des femmes âgées est notablement plus faible que celui des femmes plus jeunes, conséquence du retrait des femmes hors du marché du travail, autrefois ou naguère pour raisons familiales. C’est une situation qui résulte de la conception patriarcale régnante selon laquelle le mari, le père, est le chef de famille, la femme restant au foyer pour les enfants. Cette conception vaut notamment si l’on constate le phénomène des «rentrantes» qui reprennent ou tentent de reprendre une activité professionnelle, une fois les enfants élevés.

Qu’on nous permette une digression. Lors de réformes ou de modernisations, on a toujours constaté une rigidité des conceptions en matière de condition des femmes; c’est ainsi qu’après la dernière guerre mondiale, la mise en place de la sécurité sociale a introduit une discrimination de sexe au détriment des femmes en introduisant dans ces mécanismes de protection la structure familiale de code Napoléon : pension de survie pour les veuves de travailleurs et absence de pension pour les veufs de travailleuses ayant cotisé.

Les auteurs de l’avis rappellent qu’il faudrait inciter les hommes à profiter des possibilités qui leur sont offertes de bénéficier de régimes de travail leur permettant de mieux concilier l’activité professionnelle et les charges familiales. Celles-ci ne sont pas uniquement financières mais exigent un engagement personnel.

L’avis ne souligne peut-être pas assez la charge que constituent les adultes handicapés et membres âgés de l’entourage des travailleurs et travailleuses.

Dans le cas des enfants, l’avis estime qu’il est important d’augmenter le nombre des structures d’accueil extra familial des enfants jeunes ou moins jeunes et, à cette fin, de rendre plus attrayant le métier de gardien(ne) d’enfants.

On souligne aussi la nécessité d’assurer les mêmes chances d’embauche, de revenu professionnel et de développement de carrière.

Qu’on n’attende pas patiemment l’année 2010.

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