Déclaration ministérielle de la Conférence des ministres chargés de l’égalité entre les femmes et les hommes (Luxembourg, 4 février 2005)

Dans le cadre de la préparation de la session des Nations Unies relative à l’évaluation du programme d’action Pékin+10, une réunion ministérielle s’est tenue récemment. Il en est résulté une déclaration faite à Luxembourg, dont nous vous livrons le texte.

Nous, ministres des 25 États membres chargés de la politique d’égalité entre les femmes et les hommes, participant à la conférence des ministres de l’Union européenne du 4 février 2005 à Luxembourg, dans le cadre de l’examen de la mise en oeuvre du programme d’action Pékin + 10 et des textes issus de la 23è session de l’Assemblée générale qui s’est tenue en 2000;

  • prenons acte des conclusions du rapport de la présidence luxembourgeoise sur les progrès réalisés par l’Union élargie relative à la mise en oeuvre de la plate-forme d’action de Pékin ainsi que des conclusions de la conférence de la présidence sur l’examen de la mise en oeuvre du programme d’action de Pékin, qui s’est également tenue à Luxembourg les 2 et 3 février 2005;
  • réaffirmons avec vigueur notre soutien et notre engagement en faveur de l’application intégrale et effective de la déclaration de Pékin et de la plate-forme d’action de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes, de la déclaration politique de Pékin + 5 et des textes issus de la 23è session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies ainsi que des conclusions adoptées lors des sessions de la Commission sur le statut de la femme depuis Pékin;
  • rappelons notre engagement visant à parvenir à une mise en oeuvre totale et effective de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination contre les femmes (CEDAW) et de son protocole facultatif;
  • réaffirmons avec vigueur notre soutien et notre engagement en faveur de la pleine mise en oeuvre du programme d’action du Caire adopté lors de la Conférence internationale sur la population et le développement (1994), et des mesures essentielles au développement du programme d’action CIPD convenu lors de la CIPD + 5 ainsi que de la Déclaration et du programme d’action de Copenhague ;
  • soulignons que l’égalité entre les femmes et les hommes ne peut être envisagée sans garantir les droits sexuels et reproductifs de la femme et réaffirmons qu’un accès accru aux informations relatives à la santé sexuelle et reproductive et aux services de santé est essentiel pour mettre en oeuvre la plate-forme d’action de Pékin, le programme d’action du Caire et les objectifs du Millénaire pour le développement;
  • soulignons que l’égalité entre les femmes et les hommes constitue un objectif important en soi et qu’elle est essentielle pour concrétiser tous les objectifs du Millénaire pour le développement, et que la perspective de genre doit être pleinement intégrée lors du réexamen de la déclaration du Millénaire à un haut niveau, y compris les objectifs du Millénaire pour le développement;
  • reconnaissons que la pleine jouissance de tous les droits fondamentaux par les femmes et les filles fait inaliénablement, intégralement et indissociablement partie des droits universels de la personne et est essentielle au progrès de la condition des femmes et des filles, à la paix et au développement;
  • encourageons l’implication active des hommes et des garçons dans la réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes;
  • garantissons que toutes les mesures sont cohérentes par rapport aux principes de non-discrimination reconnus au niveau international, y compris la discrimination multiple fondée sur le sexe, l’origine raciale ou ethnique, la religion ou la croyance, le handicap, l’âge ou l’orientation sexuelle, et qu’elles tiennent compte du respect des droits de la personne et des libertés fondamentales des victimes de telles discriminations; reconnaissons également que des progrès visant à atteindre l’égalité entre les femmes et les hommes ont été réalisés au cours des dix dernières années mais que des inégalités persistent et que de multiples barrières empêchent la réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes, la promotion et l’émancipation des femmes dans la plupart des domaines stratégiques de la plate-forme d’action de Pékin ;
  • soulignons qu’il est essentiel que les États membres de l’UE agissent en partenaires afin de profiter de la 49è session de la Commission de la condition de la femme pour réaffirmer pleinement, sans équivoque et unanimement leur engagement en faveur de la Déclaration et de la plate-forme d’action de Pékin ainsi que des textes issus de la 23è session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies, pour procéder à un examen et une évaluation des progrès réalisés depuis Pékin et Pékin + 5, pour identifier les obstacles et les défis actuels et pour convenir des prochaines actions et initiatives à adopter en vue de poursuivre la mise en oeuvre et la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes.

1. Mécanismes institutionnels

Soulignons que les structures et les mécanismes institutionnels au niveau européen et national sont les principaux vecteurs par l’intermédiaire desquels la plate-forme d’action peut être menée à bien et qu’ils doivent agir comme catalyseurs en faveur de l’intégration de la dimension de genre et de l’égalité entre les femmes et les hommes. acceptons

  • d’assurer que les organismes et les structures chargés de l’égalité des sexes disposent des ressources financières et humaines et des capacités suffisantes pour fonctionner correctement; de garantir un engagement politique fort au plus haut niveau, ainsi que des mandats et des fonctions claires afin d’assurer l’émancipation et la promotion de la femme et d’appliquer la législation, de développer des actions spécifiques et de mettre en application l’intégration de la dimension de genre;
  • de renforcer le dialogue et la coopération avec la société civile et les partenaires sociaux;
  • de garantir l’égalité entre les femmes et les hommes au titre de et devant la loi, et de créer un environnement susceptible de permettre la transposition des droits;
  • de prendre des mesures concrètes pour mettre en oeuvre l’intégration de la dimension de genre et des actions spécifiques pour établir l’égalité entre les femmes et les hommes, y compris la création et la mise en oeuvre de plans d’action nationaux pluriannuels en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes et de poursuivre l’élaboration de l’expertise et de la formation sur l’égalité entre les sexes;
  • d’identifier les processus et les instruments qui permettent une meilleure responsabilité pour aborder les questions d’égalité entre les femmes et les hommes;
  • de développer des méthodes et des instruments d’intégration de la dimension de genre, notamment l’établissement des budgets publics selon la perspective de genre, l’audit selon le genre et les évaluations de l’impact selon le genre, en tant que priorités pour l’avenir;
  • de continuer à améliorer le recueil, la compilation et la propagation de données ventilées par sexe fiables, précises et comparables;
  • de définir des objectifs dans le temps et de les mettre progressivement à jour, notamment en impliquant des organisations statistiques nationales et internationales;
  • de contrôler les progrès en rapportant et en évaluant régulièrement les résultats afin d’établir une évaluation et un contrôle plus cohérents et systématiques de la mise en oeuvre de la plate-forme d’action.

2. Égalité entre les femmes et les hommes, emploi, économie et pauvreté

Reconnaissons que l’égalité entre les femmes et les hommes est essentielle à la réalisation du plein emploi, de la croissance économique, du renforcement de la protection sociale et de l’éradication de la pauvreté; renforçons le lien entre la mise en oeuvre de la plate-forme d’action de Pékin les objectifs du Millénaire pour le développement et la stratégie de Lisbonne adoptée par le Conseil européen en 2000 afin de consolider la réforme économique et la cohésion sociale dans le cadre d’une économie européenne plus forte fondée sur la connaissance; reconnaissons que le taux d’emploi et le chômage chez les femmes ainsi que l’écart de rémunérations entre les hommes et les femmes, la ségrégation entre les sexes sur le marché du travail, le partage inégal entre les femmes et les hommes du fardeau que représente le travail non rémunéré, et les déséquilibres hommes – femmes en matière de prise de décision demeurent des défis pour l’Union européenne. acceptons

  • d’intensifier les efforts afin de lutter contre l’exclusion sociale et de surmonter les obstacles à la participation des femmes au marché de l’emploi, y compris par le biais de mesures destinées à lutter contre la discrimination et l’exploitation sur le lieu de travail;
  • de développer, parallèlement aux mesures destinées à accroître la compétitivité et la productivité, des stratégies destinées à augmenter le nombre de femmes actives et d’emplois de qualité pour ces dernières, à garantir et à protéger les droits des femmes actives et à supprimer les barrières structurelles, juridiques et psychologiques relatives à l’égalité entre les femmes et les hommes au travail;
  • de promouvoir les politiques permettant aux femmes et aux hommes d’équilibrer leur vie professionnelle et privée ainsi que leurs responsabilités familiales; de réformer, si nécessaire, les systèmes fiscaux et d’allocations sociales pour créer des incitations économiques permettant aux femmes d’accéder à un emploi, de conserver un poste ou -de reprendre le travail et d’encourager les hommes à prendre part aux responsabilités et tâches familiales;
  • de mettre un terme à l’inégalité salariale entre les hommes et les femmes par une approche diversifiée abordant des facteurs sous-jacents, y compris la ségrégation sectorielle et professionnelle, l’éducation et la formation, les classifications professionnelles et les systèmes de rémunération; de promouvoir et de soutenir le travail indépendant pour les femmes, le développement de petites entreprises par celles-ci, et leur accès au crédit, y compris au micro-crédit et aux capitaux, ce d’égal à égal avec les hommes;
  • d’intégrer l’analyse selon le genre dans la conception, la mise en oeuvre et l’évaluation des mesures, notamment celles concernant les politiques macroéconomiques et la diminution de la pauvreté; d’utiliser des mesures, des objectifs et des critères d’évaluation quantifiables pour assurer un contrôle et une évaluation adéquats des progrès réalisés;
  • de supprimer les obstacles rencontrés par les femmes, y compris les femmes migrantes et autres femmes marginalisées, et de promouvoir leurs chances en matière d’accès et de participation aux prises de décisions économiques à tous les niveaux. (suite accessible sur Internet)

Un livre: Des femmes qui changent le monde

Suite à la parution de leur ouvrage «Des femmes qui changent le monde», les professeurs Éliane Gubin et Catherine Jacques du Groupe interdisciplinaire d’études sur les femmes de l’ULB auront le plaisir de vous dédicacer ce livre aux Presses universitaires de Bruxelles. Cette oeuvre retrace les grandes lignes de l’histoire du Conseil international des femmes, qui lutte depuis des décennies pour obtenir un monde où la distinction de sexe ne fait pas l’objet d’une discrimination. Rendez-vous aux PUB, Campus ULB, av Héger, 1050 BXL, le 19 avril, de 12h 30 à 14h.

À l’honneur

Un article de Rosine Lewin paru dans «Femmes pour la Paix», N°64, Fév-Mars 2005, cite notre regrettée Adèle Hauwel parmi les grandes féministes du Monde, et dont nul ne devrait ignorer le nom et l’oeuvre : «Qui sait encore aujourd’hui le rôle joué par Théroigne de Méricourt la Française, Clara Zetkin l’Allemande ou Rosa Luxembourg la Polonaise? Qui se souvient de l’Américaine Angela Davis et de la Soviétique Terechkova? Quelles élèves du secondaire peuvent rappeler qui étaient Marie Popelin, Isabelle Gatti de Gamont, Léonie Lafontaine, Emilie Claeys, Adèle Hauwel, Isabelle Blume, Emilienne Brunfaut, Georgette Ciseley, Victoire Cappe, Marguerite Bervoets ?»

Les «gender studies»: des recherches scientifiques sur les rapports de genre

Autrefois abandonnées avec mépris aux seul(e)s militant(e)s et penseurs (penseuses) indépendant(e)s du féminisme, les études consacrées au genre sont aujourd’hui entrées dans la pratique universitaire. Parmi ces recherches, l’enquête Newtonia porte sur l’évolution actuelle de l’accès des jeunes femmes aux études universitaires de sciences et de sciences appliquées. (informations complètes: www.ulb.ac.be/newtonia et en particulier, l’article «L’accès des jeunes femmes aux études universitaires scientifiques et techniques.»).

Le 20 avril dernier, à la Maison de l’UAE le professeur Pierre MARAGE de l’Université Libre de Bruxelles faisait une conférence intitulée: «Femmes et sciences: stéréotypes et réalités» expliquant les principaux résultats de cette enquête.

Nous souhaitons mettre ici en évidence un point qui a particulièrement attiré notre attention: il semblerait qu’un même phénomène social d’infériorisation soit à l’oeuvre simultanément à l’encontre des enfants issus de milieux sociaux moins cultivés, moins riches, par rapport à ceux des milieux dits favorisés et à l’encontre des filles par rapport aux garçons.

Ce phénomène conduirait les uns et les unes vers des études moins valorisées, et vers des professions moins prestigieuses (voire en baisse de prestige, comme les professions de soins et services aux personnes, des secteurs: santé, enseignement, justice?) et moins bien rémunérées.

L’exposé du Professeur Marage montre qu’il existe deux facteurs de sélection et d’orientation.

Au-delà des préférences individuelles, le choix des filières scientifiques à l’université est fortement déterminé par les options suivies dans l’enseignement secondaire. 54% des garçons s’inscrivant à l’université sont issus des options «math. fortes», et seulement 36% des filles.

Or les choix d’options dans l’enseignement secondaire sont massivement déterminés d’une part par l’origine socioculturelle, d’autre part par le sexe. C’est ce que révèle la figure qui suit. Elle présente, pour les étudiants qui s’inscrivent à l’université, la proportion des élèves issus des options «math. fortes», selon le type de famille et selon le sexe.

Sexe

Barres noires: les filles
Barres blanches: les garçons

Origine familiale

Secondaire: aucun des parents n’a fait d’études supérieures
Supérieur: l’un des parents au moins a fait des études supérieures non-universitaires mais aucun parent n’a fait d’études universitaires
Universitaire: au moins l’un des parents est universitaire

On observe que le recrutement des options «math. fortes» est très lié à l’origine socioculturelle. Quand l’un au moins des parents a fait des études universitaires, plus de 60% des garçons s’inscrivant à l’université ont suivi une option «math. fortes» dans l’enseignement secondaire, alors que cette proportion tombe à 40% pour les familles où les parents n’ont pas fait d’études supérieures (Outre le niveau des diplômes des parents, d’autres critères de nature sociologique ont également été considérés dans l’étude pour catégoriser les familles).

On reconnaît ici un phénomène bien connu: ce sont les familles privilégiées sur le plan socioculturel, celles qui sont les mieux informées sur le fonctionnement du système scolaire et universitaire, qui envoient de préférence leurs enfants vers les «options fortes», les y soutiennent, insistent pour qu’ils s’y maintiennent, même en cas de difficultés passagères.

Or, de nos jours, ces options sont principalement les options «maths fortes» (ce sont elles qui, de l’avis de nombreux élèves, et de professeurs, bénéficient «des meilleurs profs»). Et si des connaissances mathématiques de base sont une exigence préalable pour la poursuite fructueuse d’études dans diverses disciplines, les compétences en mathématiques assurent clairement aujourd’hui le rôle de sélection, notamment sociale, jadis tenu par les langues anciennes.

A cette sélection selon l’origine socioculturelle s’ajoute une sélection selon le sexe: la proportion de filles issues des options «math. fortes» est nettement plus faible que celle des garçons dans toutes les catégories de familles.

Ainsi lorsqu’on compare les extrêmes de ce graphique on voit que 60% des garçons issus de familles «universitaires» sortent de «math. fortes», alors que c’est le cas pour à peine 30% des filles issues des familles dites «secondaires» (celles où aucun parent n’a fait d’études supérieures. De plus, 70% des familles qui ont un ou plusieurs enfants en âge de fréquenter l’université sont des familles dites ici «secondaires»).

La concordance des deux effets: le milieu socioculturel et le sexe, montre que des mécanismes sociaux sont à l’oeuvre au-delà des préférences individuelles, dans les choix des options prises dès l’enseignement secondaire.

La valorisation marquée des options «math. fortes» par les familles socialement et culturellement favorisées montre que la sous-représentation des filles dans ces filières n’est pas le simple résultat des tempéraments plus «littéraires» attribués aux filles, ou de leur éventuelle incapacité «neurophysiologique» à dominer les matières mathématiques et abstraites (Il faut savoir que, dans toutes les filières universitaires, les taux de réussite des filles sont plus élevés que ceux des garçons, qu’il s’agisse des filières à tendance mathématique où les filles sont peu nombreuses – Sciences, Sciences appliquées, École de Commerce -, ou de la Médecine et des filières «littéraires» où les filles forment la majorité des étudiants.)

Globalement, plus une filière est «masculine», plus le recrutement y est issu de milieux sociaux plutôt privilégiés, alors que les filières les plus «féminines» sont les plus ouvertes aux milieux sociaux moins privilégiés (avec cependant toujours une nette sur-représentation des familles universitaires, d’où proviennent toujours plus de 30% des étudiants).

On estime que le choix des options dans l’enseignement secondaire est d’autant moins conscient et réfléchi qu’il est plus précoce, et surtout qu’il concerne des enfants issus de familles moins informées sur le système scolaire. Autant il est facile de «descendre de section» (vers moins de mathématiques?), autant ces décisions se révèlent souvent définitives. Or, dans les entretiens approfondis, de nombreux étudiants – et particulièrement des filles – ont souligné leur regret d’avoir été réorientés trop tôt, à un moment souvent où ils estiment avoir manqué de suffisamment de maturité.

Au-delà du système scolaire, c’est évidemment tout le système éducatif et culturel qui véhicule idées toutes faites, stéréotypes et préjugés marqués par le genre: camions aux petits garçons et poupées aux filles, ou encore images du «grand patron», du savant fou ou de l’ingénieur «high tech» face à celles de la secrétaire et de l’infirmière, les exemples sont innombrables. Par delà les choix individuels d’études inspirés par les aspirations, les sensibilités, les histoires personnelles, et même s’ils sont forcément marqués par les prégnances culturelles, les enjeux familiaux et les mécanismes scolaires, les choix des filles sont aussi déterminés par leurs perspectives de carrière. Or, cette recherche a montré, une fois de plus qu’il règne parmi les jeunes, leurs familles, leurs conseillers une réelle méconnaissance de la réalité des débouchés et des métiers. Trop souvent on associe encore à tort l’image de l’ingénieur à l’exercice de la profession sur des chantiers industriels alors que les ingénieurs travaillent en majorité dans des bureaux d’études et on imagine encore, à tort, que les mathématiques conduisent à devenir professeur dans l’enseignement secondaire alors que la majorité des mathématiciens travaillent dans des banques, des sociétés d’assurance etc..

Divers témoignages indiquent que les décisions de réorientation ne sont pas toujours pesées sur la même balance, selon qu’il s’agisse de filles ou de garçons: les parents et même les enseignants ne suivent-ils pas encore trop souvent l’adage: «Pour une fille, c’est moins grave?». Et la «morale de l’histoire»?

Sans doute pouvons-nous sans risquer de nous tromper, et sans formuler aucune conjecture sur la nature du processus de minorisation, vivement conseiller à tous ceux et celles qui ont charge d’éducation (c’est à dire quasi tout le monde!) de se montrer également exigeant envers chaque enfant, chaque jeune, chaque apprenti: le laxisme et la facilité sont des cadeaux empoisonnés.

Résultats de la 49ème session de la Commission pour la condition de la femme.

Suite à nos précédentes informations concernant le suivi de PEKIN, nous vous donnons les résultats de l’évaluation menée dans le cadre de la session de la Commission des Nations Unies. Le résultat final de la Conférence sera approuvé à l’automne dans le cadre de la 60ième session de l’Assemblée générale des Nations UNIES; le résultat essentiel de la session est concrétisé par une déclaration politique confirmant les engagements pris 10 ans auparavant à PÉKIN et appelant les gouvernements à entreprendre de nouvelles actions de promotion de la condition de la femme. Dix résolutions ont été prises sur différents sujets dont le mainstreaming du genre dans les politiques nationales, la lutte contre la traite des femmes, les progrès économiques des femmes, la situation des femmes en Afghanistan, les femmes et les filles victimes du sida/VIH etc. Vous trouverez des informations complémentaires sur le site de la «division pour la Promotion de la Femme» ci-joint: www.un.org/womenwatch/daw/Review.

Les femmes dans l’exposition «Made in Belgium», visite de la Porte Ouverte

Le comité de PO vous invite à le rejoindre pour visiter l’exposition «Made in Belgium» organisée à l’occasion de l’anniversaire des 175 ans de la Belgique.

Notre visite, organisée par Marie-Christine Exsteyl, sera principalement axée sur les femmes talentueuses qui ont vécu dans le pays depuis son indépendance.

Où? Dexia Art Center, 50 rue de l’Ecuyer à 1000 Bruxelles. Quand? le samedi 10 septembre 2005 à 16h devant le guichet de la billetterie; le prix de groupe revient ,par personne, à 8 euros (à partir de 20 personnes) ; des appareils «audio» sont disponibles pour les personnes qui le souhaitent. La visite complète dure 2 heures à votre libre choix; seuls seront « encadrés» les arrêts devant les portraits de femmes.

Inscriptions: avant le 1er septembre auprès de PO

  • soit par courriel info@porteouverte.be
  • soit par la poste: P.O. Boulevard General Jacques, 61, 1050, Bruxelles.

Si nous sommes moins de 20 participant(e)s le prix sera de 10 euros payables à l’entrée de l’exposition. C’est avec grand plaisir que nous vous retrouverons à l’occasion de cet événement unique.

La «constitution européenne» et les droits des femmes

Alors que dans tous les pays européens, l’approbation ou non du texte de la constitution fait la une, très peu nombreuses sont les voix qui s’élèvent pour informer des dangers encourus par l’égalité pour les femmes .

En France, Gisele Halimi a résumé la situation et répondu aux personnes qui déclaraient que le projet de traité institutionnel comportait des avancées pour les femmes et que l’égalité y était affirmée comme valeur.

Elle explique que malgré la mobilisation des mouvements féministes, on ne trouve aucune trace de cette égalité dans la première phrase de l’article 1-2 qui énumère les valeurs de l’Union; l’égalité apparaît uniquement dans la deuxième phrase comme une caractéristique.

La différence est fondamentale; la valeur fondatrice conditionne le caractère européen du pays; la caractéristique est un constat, une donnée de sociologie extrêmement mouvante et l’égalité femmes/hommes a été ainsi de nouveau ravalée au rang d’objectif. Pis, le droit pour les femmes de choisir de donner la vie n’est pas reconnu ; l’article II -62-1 déclare que «toute personne a droit à la vie»; cet article pourrait être mis en concordance avec les récentes tentatives d’insuffler la vie et des droits au foetus; l’article I-52-3 instaure un dialogue privilégié avec les Eglises tandis qu’en même temps le nouveau pape déclarait que «l’avortement, c’est la liberté de tuer».

Création d’un «institut du genre» au niveau européen

Les objectifs de l’institut sont repris dans le projet de règlement de cette manière: «assister les institutions communautaires ,en particulier la Commission et les autorités des Etats membres dans la lutte contre les discriminations fondées sur le sexe et dans la promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes».

Le projet de règlement prévoit aussi la participation des ONG aux organes directeurs de l’institut ce qui nous paraît très positif et porteur de partenariats entre différents acteurs et entre les Etats membres de l’Union afin de permettre des échanges de bonnes pratiques et de créer une dynamique importante. Cet institut devrait voir le jour dans les prochains mois.

2007 sera «l’Année européenne de l’égalité des chances pour tous». La Commission en a décidé ainsi ; elle sera la pièce maîtresse d’une stratégie-cadre visant à garantir une lutte efficace contre la discrimination, la valorisation de la diversité et la promotion de l’égalité des chances pour tous y compris la dimension homme-femme.

En même temps la Commission annonce la réalisation d’une étude sur la possibilité d’adopter de nouvelles mesures pour compléter la législation anti-discriminatoire européenne en vigueur.

Appel à témoignages

En vue d’éditer une plaquette à la mémoire d’Adèle Hauwel nous recherchons des témoignages écrits de personnes qui ont connu Adèle.

Ecrivez nous vos souvenirs sur votre rencontre et sur vos relations avec elle et joignez y éventuellement des photos de vous avec ou sans Adèle.

Merci d’avance.