Libye: Les femmes, actrices de l’ombre de la révolte

Drapeau lybien

Si l’on s’en tient aux images de télévisions, on pourrait croire que la Libye est peuplée d’hommes, exclusivement. Et pourtant, «ce sont les femmes qui, les premières, ont défié l’interdiction de manifester» raconte Naeïma Gebril, juge à la cour d’appel de Benghazi: «Le 15 février, les mères de milliers de prisonniers morts en détention sont venues se poster devant le tribunal de Benghazi avec les portraits de leurs fils. Elles n’ont pas été réprimées: il était impensable que les policiers frappent des femmes». Aux mères se sont progressivement joints des avocats et puis la jeunesse – masculine – a pris le relais et investi la rue. «Les femmes sont rentrées à la maison pendant les violences, mais elles ont toujours fait partie des manifestations. Dix jours plus tard, elles étaient toujours là.» Les femmes ne participent pas uniquement aux rassemblements populaires, mais aussi aux organes qui tentent de structurer la dissidence: le Conseil national de transition libyen en compte une, dont l’identité est tenue secrète, pour des raisons de sécurité. L’éducation, premier pas vers l’émancipation des libyennes. Lorsque la Libye devient indépendante, en 1951, le gouvernement met en place un système éducatif destiné aux filles: «C’est de là que sont parties les premières revendications du droit à travailler. Les premières ont été institutrices et infirmières. Cela a soutenu l’évolution du droit civil. En 1962, le droit de vote des femmes a été inscrit dans la constitution, beaucoup plus tôt que dans d’autres pays arabes.»

http://www.rue89.com/2011/03/12/les-femmes-actrices-de-lombre-de-la-revolte-en-libye-194144

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