Éditorial

C’est sans doute le moment de parler des problèmes pratiques qui se posent aux travailleurs et travailleuses lors de la venue d’un enfant. On parle de plus en plus de la (difficile) conciliation entre la vie professionnelle, la vie familiale et les aspirations personnelles des gens. Parmi les problèmes qui surgissent, il y a celui de la situation de dépendance des enfants, des handicapés et infirmes et des personnes âgées. Laissons aux sociologues, anthropologues et ethnologues le soin de discuter de ces problèmes au cours du temps et selon les types de sociétés. Rappelons seulement que dans bien des cas les parents n’élèvent pas personnellement leurs enfants et n’accomplissent pas les soins corporels et les besognes manuelles en rapport avec la présence d’enfants. C’est le cas dans les classes élevées de la société tandis qu’il y a encore quelques décennies les «filles mères », servantes en ville, plaçaient leurs enfants en nourrice à la campagne.

Nous nous bornerons à réfléchir sur le congé de paternité à l’occasion du premier anniversaire de sa prolongation.

L’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes vient de consacrer une brochure à ce sujet. On y rappelle les dispositions en vigueur, leurs modalités d’application, les démarches à faire. Mais on répertorie aussi ce que le jeune père peut faire pour soulager la mère de certaines tâches, démarches administratives, travaux ménagers et aussi soins au bébé. Ce dernier aspect est essentiel dans la formation des liens affectifs père – enfant et pour la prévention de la violence à l’égard des enfants. Qu’on cesse de montrer principalement les pères jouant avec leurs enfants, qu’on les montre aussi dans des activités moins ludiques et plus routinières.

Lorsqu’on parle du congé de paternité ou du congé de maternité, on constate que le premier est souple (10 jours étalés au choix pendant les 30 jours suivant la naissance) et que le second est d’une grande rigidité qui rend impossible l’étalement dans le temps pour des raisons personnelles propres à la femme. De plus, le congé de maternité est obligatoire, tandis que l’on a constaté que seulement la moitié des pères ont pris leur congé de paternité puisqu’il n’est pas obligatoire.

L’allocation calculée sur un salaire plafonné est sans doute regardée comme trop minime aux yeux des hommes tandis que l’avis des femmes sur leur allocation est sans importance, elles sont contraintes de s’en contenter.

Les hommes font aussi un moindre usage du congé parental. Madame Françoise Goffinet, fonctionnaire à l’Institut souligne que seulement la moitié des personnes en droit de bénéficier de cette mesure en demandent l’application, sans doute pour des raisons de difficultés administratives et d’éventuelles pressions des employeurs.

Tout cela nous ramène à considérer le rôle du père à l’égard des enfants. Le père ne peut être simplement, comme naguère, le chef, et on déplorera que certains semblent penser que c’est la perte de ce statut qui est la cause de la dégradation de certains milieux familiaux, notamment dans les couches sociales défavorisées comme on pourrait le croire en lisant le résumé fait par ATD Quart Monde (Partenaire, n°33, mai/juin 2003; ATD Quart Monde Wallonie-Bruxelles, page 2) d’une enquête sur « le rôle des hommes dans l’éducation des enfants ».

A.H.

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