GROUPEMENT BELGE DE LA PORTE OUVERTE

pour l'émancipation économique de la travailleuse

Éphémérides de la semaine

À l'occasion de l'Année Internationale de la Femme instituée en 1975 par l'UNESCO, le Groupement belge de la Porte Ouverte a rassemblé les faits d'un ensemble de femmes qui se sont illustrées dans l'histoire, récente ou ancienne. Afin que ce travail ait un effet durant toute cette année, il fut diffusé vers les journaux et périodiques sous forme d'éphémérides. Seul l'hebdomadaire néerlandophone « MIMO » les a régulièrement publiées.

Les informations ont été rassemblées par Alice Choprix-Delaby, Elisa Coene, Adèle Hauwel, Lucie Hauwel, Renée Noirynck et Jeanine Van Esch.

Suisse - Naissance à Genève le 6 juin 1870 de Marguerite CHAMPENDAL (décédée à Genève le 27 octobre 1928). D'abord institutrice, elle devint médecin et fonda à Genève la première «Goutte de lait» et une pouponnière.

Grande-Bretagne - Le 7 juin 1866, la première pétition pour le suffrage des femmes est remise dans les locaux du Parlement au philosophe et politicien Fohn Stuart Mill (né à Pentonville le 20 mai 1806 et décédé à Avignon le 8 mai 1873) qui la présenta à la Chambre des Communes. Ce texte fut remis à John Start Mill par deux féministes, Emily DAVIES, fondatrice de Girton College, et Elizabeth GARRETT, la première femme médecin. Pour la petite histoire, nous signalerons que les deux féministes furent guidées par Mr Fawcett et reçurent l'aide de la seule autre femme présente dans le Wetminster Hall, une marchande de pommes dont le nom ne nous est pas parvenu : elle dissimula le volumineux document sous son étal et elle accompagna les deux émissaires.

John Stuart Mill mérite de rester dans la mémoire des féministes : il fut un homme éclairé qui paya de sa personne pour leur cause. Dans son ouvrage «Representative Government» (1861), il faisait déjà justice des arguments contre le vote des femmes. En cette même année1861, il écrit «The Subjection of Women» qu'il rédigea avec a belle-fille, Helen Taylor ; mais cet ouvrage ne fut publié qu'en 1869.

Grande-Bretagne - Décès à Londres le 8 juin 1932 de Margaret Wynne NEVINSON JONES (née à Leicester en 1857), travailleuse sociale et pionnière du féminisme. Juge de paix à Hampstead, elle fut la première femme membre du tribunal du comté de Londres. Elle est l'auteur de divers ouvrages et de souvenirs sur le mouvement féministe militant auquel elle a activement participé.

États-Unis d'Amérique - Décès à Temkesbury (Grande-Bretagne) le 9 juin 1927 de Victoria Claflin Woodhull MARTIN (née à Homer le 23 septembre 1838), femme d'affaire et philanthrope, elle s'occupa de la condition ouvrière. En 1870, elle présenta au congrès une pétition pour le vote des femmes et, en 1872, sa candidature à la présidence des états-Unis fut présentée par le Parti des droits égaux. Il faut se reporter à la mentalité de l'époque pour comprendre quel courage il fallait pour émettre cette revendication.

Belgique - 1°/ Exécution (par décapitation) à Plötzensee (Allemagne) le 9 juin 1944, de Marie-Louise HENIN, résistante, née à Marche-en-Famenne le 9 décembre 1898. Sa ville natale a fait apposer une plaque commémorative sur sa maison.
2°/ Décès à Anvers, le 9 juin 1948, de Marie BELPAIRE (née à Anvers le 31 janvier 1853), écrivain et philanthrope, docteure honoris causa de l'Université de Louvain, qu'on a appelée : De wijze vrouw van Vlaanderen.

Grande-Bretagne - Décès à Londres le 10 juin 1948 de Philippa Garret FAWCETT (née à Cambridge en 1868), fonctionnaire dans l'administration de l'enseignement. Étudiante en mathématique à Cambridge, ses succès universitaires firent sensation : elle obtint la première place aux examens, administrant la preuve que les femmes ne sont pas moins faites que les hommes pour se livrer aux disciplines mathématiques. Elle appartenait à la famille Garrett Fawcett qui s'est toujours distinguée par son activité féministe.

Égypte - Le 11 juin 1952, une fetwa (déclaration) sur les droits et les devoirs de la femme est promulguée par la commission des fetwas d'El Azhar (autorité religieuse islamique du Caire).

Tendant à donner un coup d'arrêt au mouvement féministe, les oulémas déclarent à propos de l'élection des femmes au parlement et de leur participation aux élections : les deux actes sont interdits. Une fois de plus, les femmes se sont heurtées aux autorités traditionnelles ; plus tard, on vit des émeutes de mollahs (prêtres) en Iran lorsque des droits furent accordés aux femmes et une opposition des chefs religieux de Somalie à la décision d'accorder des droits aux femmes, ce qui valut d'ailleurs la pendaison à certains (1975).

Grande-Bretagne - Le 12 juin 1840 s'ouvrit à Londres le congrès des abolitionnistes (partisans de la suppression de l'esclavage). La délégation américaine comptait plusieurs femmes officiellement désignées dont deux militantes qui étaient à la fois actives dans le mouvement féministe et dans le mouvement anti-esclavagiste ; Lucretia MOTT et Elizabeth Cady STANTON. Mais les femmes ne purent participer aux assises en qualité de déléguées parce que «cela amènerait la presse à ridiculiser le congrès et à déconsidérer la cause anti-esclavagiste».

Le droit des femmes à siéger comme déléguées fut défendu éloquemment par Wendell Phillips mais la motion tendant à admettre les femmes comme déléguées fut rejetée. En signe de protestation, le plus éminent anti-esclavagiste américain, William Lloyd Garrison, refusa de siéger comme délégué et suivit les travaux dans la tribune du public.

Ainsi furent traitées les femmes qui partageaient leur énergie entre la défense de leur propre cause et celle d'autres opprimés !


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