GROUPEMENT BELGE DE LA PORTE OUVERTE

pour l'émancipation économique de la travailleuse

Éphémérides de la semaine

À l'occasion de l'Année Internationale de la Femme instituée en 1975 par l'UNESCO, le Groupement belge de la Porte Ouverte a rassemblé les faits d'un ensemble de femmes qui se sont illustrées dans l'histoire, récente ou ancienne. Afin que ce travail ait un effet durant toute cette année, il fut diffusé vers les journaux et périodiques sous forme d'éphémérides. Seul l'hebdomadaire néerlandophone « MIMO » les a régulièrement publiées.

Les informations ont été rassemblées par Alice Choprix-Delaby, Elisa Coene, Adèle Hauwel, Lucie Hauwel, Renée Noirynck et Jeanine Van Esch.

Grande-Bretagne - Décès à Londres le 8 juin 1932 de Margaret Wynne NEVINSON JONES (née à Leicester en 1857), travailleuse sociale et pionnière du féminisme. Juge de paix à Hampstead, elle fut la première femme membre du tribunal du comté de Londres. Elle est l'auteur de divers ouvrages et de souvenirs sur le mouvement féministe militant auquel elle a activement participé.

États-Unis d'Amérique - Décès à Temkesbury (Grande-Bretagne) le 9 juin 1927 de Victoria Claflin Woodhull MARTIN (née à Homer le 23 septembre 1838), femme d'affaire et philanthrope, elle s'occupa de la condition ouvrière. En 1870, elle présenta au congrès une pétition pour le vote des femmes et, en 1872, sa candidature à la présidence des états-Unis fut présentée par le Parti des droits égaux. Il faut se reporter à la mentalité de l'époque pour comprendre quel courage il fallait pour émettre cette revendication.

Belgique - 1°/ Exécution (par décapitation) à Plötzensee (Allemagne) le 9 juin 1944, de Marie-Louise HENIN, résistante, née à Marche-en-Famenne le 9 décembre 1898. Sa ville natale a fait apposer une plaque commémorative sur sa maison.
2°/ Décès à Anvers, le 9 juin 1948, de Marie BELPAIRE (née à Anvers le 31 janvier 1853), écrivain et philanthrope, docteure honoris causa de l'Université de Louvain, qu'on a appelée : De wijze vrouw van Vlaanderen.

Grande-Bretagne - Décès à Londres le 10 juin 1948 de Philippa Garret FAWCETT (née à Cambridge en 1868), fonctionnaire dans l'administration de l'enseignement. Étudiante en mathématique à Cambridge, ses succès universitaires firent sensation : elle obtint la première place aux examens, administrant la preuve que les femmes ne sont pas moins faites que les hommes pour se livrer aux disciplines mathématiques. Elle appartenait à la famille Garrett Fawcett qui s'est toujours distinguée par son activité féministe.

Égypte - Le 11 juin 1952, une fetwa (déclaration) sur les droits et les devoirs de la femme est promulguée par la commission des fetwas d'El Azhar (autorité religieuse islamique du Caire).

Tendant à donner un coup d'arrêt au mouvement féministe, les oulémas déclarent à propos de l'élection des femmes au parlement et de leur participation aux élections : les deux actes sont interdits. Une fois de plus, les femmes se sont heurtées aux autorités traditionnelles ; plus tard, on vit des émeutes de mollahs (prêtres) en Iran lorsque des droits furent accordés aux femmes et une opposition des chefs religieux de Somalie à la décision d'accorder des droits aux femmes, ce qui valut d'ailleurs la pendaison à certains (1975).

Grande-Bretagne - Le 12 juin 1840 s'ouvrit à Londres le congrès des abolitionnistes (partisans de la suppression de l'esclavage). La délégation américaine comptait plusieurs femmes officiellement désignées dont deux militantes qui étaient à la fois actives dans le mouvement féministe et dans le mouvement anti-esclavagiste ; Lucretia MOTT et Elizabeth Cady STANTON. Mais les femmes ne purent participer aux assises en qualité de déléguées parce que «cela amènerait la presse à ridiculiser le congrès et à déconsidérer la cause anti-esclavagiste».

Le droit des femmes à siéger comme déléguées fut défendu éloquemment par Wendell Phillips mais la motion tendant à admettre les femmes comme déléguées fut rejetée. En signe de protestation, le plus éminent anti-esclavagiste américain, William Lloyd Garrison, refusa de siéger comme délégué et suivit les travaux dans la tribune du public.

Ainsi furent traitées les femmes qui partageaient leur énergie entre la défense de leur propre cause et celle d'autres opprimés !

Venezuela - Décès à New York (états-Unis) le 13 juin 1917 de Teresa CARRENO (née à Caracas le 22 décembre 1853) qui fut non seulement pianiste et cantatrice mais aussi Chef d'orchestre et compositrice : elle a notamment composé l'hymne national de son pays.

Grande-Bretagne - Décès à Londres le 14 juin 1928 de la grande suffragette Emmeline PANKHURST GOULDEN (née à Manchester le14 juillet 1858). C'est elle qui fonda en 1903 le mouvement des suffragettes, c'est-à-dire le mouvement de revendication du droit de vote des femmes par des méthodes militantes : la Women's Social and Political Union, parce qu'elle considérait comme insuffisamment efficaces les techniques plus traditionnelles.

Ce mouvement se distingua par des actions vigoureuses et spectaculaires dont personne n'a perdu le souvenir. Mais il coûta de nombreux sacrifices à ses militantes qui payèrent chèrement de leur personne, furent emprisonnées, firent la grève de la faim et furent soumises à l'alimentation forcée.

Emmeline PANKHURST mourut, épuisées par les épreuves, peu de mois après avoir vu le triomphe de la cause pour laquelle elle s'était sacrifiée : c'est en 1928 que fut finalement voté le «Representation of the People (Equal Franchise) Act» donnant aux femmes le droit de vote dans les mêmes conditions qu'aux hommes. Une statue a été élevée à Mrs PANKHURST dans les jardins de Victoria Tower près du Bâtiment du Parlement à Londres.

En réalité, c'est toute la famille PANKHURST qu'il faut citer. Le 7 novembre1868, l'avocat Richard Marsden Pankhurst qui allait épouser Emmeline, avait, avec sir John Duke Coleridge, été le conseil des demanderesses dans l'affaire Chorlton V. Lings, quand 5.346 femmes de Manchester réclamèrent le droit de vote dans le cadre des lois existantes. C'est lui aussi qui rédigea le Married Women's Property Bill (1882) et il quitta son parti lorsque celui-ci rejeta le suffrage des femmes. Richard Marsden Pankhurst mourut en 1898.

Le ménage eut cinq enfants, trois filles et deux fils ; l'un de ceux-ci mourut prématurément. La fille aînée, Christabel (née à Manchester le 25 septembre 1880) avait voulu suivre la profession de son père mais elle se vit refuser son inscription au barreau de Lincoln's Inn en raison de son sexe. Elle fut une proche collaboratrice de sa mère dans le mouvement des suffragettes et, avec Annie Kenney, elle fut la première emprisonnée pour avoir refusé de payer une amende après sa condamnation pour avoir provoqué du tumulte après que les deux militantes eurent été expulsées d'un meeting libéral au cours duquel elles réclamaient le vote des femmes (13 octobre 1905).

Sylvia Pankhurst (née à Manchester le 5 mai 1882 et décédée à Addis-Abeba le 27 septembre 1960) fut également une militante active et elle a consacré un ouvrage : «The Suffragette» à l'histoire du militantisme féministe ; elle eut un fils qui porta son nom : Richard Pankhurst, professeur en Ethiopie.

La plus jeune fille, Adela (née à Manchester le 19 juin 1885) participa également au mouvement, mena de nombreuses actions spectaculaires et fut détenue. Le cadet, Harry, ne se laissa pas distancer et se fit une spécialité du badigeonnage des affiches de l'adversaire (notamment de Winston Churchill) que, avec deux de ses camarades, il décorait du slogan : Votes for Women.


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