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GROUPEMENT BELGE DE LA PORTE OUVERTEpour l'émancipation économique de la travailleuse | |
Éphémérides de la semaineÀ l'occasion de l'Année Internationale de la Femme instituée en 1975 par l'UNESCO, le Groupement belge de la Porte Ouverte a rassemblé les faits d'un ensemble de femmes qui se sont illustrées dans l'histoire, récente ou ancienne. Afin que ce travail ait un effet durant toute cette année, il fut diffusé vers les journaux et périodiques sous forme d'éphémérides. Seul l'hebdomadaire néerlandophone « MIMO » les a régulièrement publiées. Les informations ont été rassemblées par Alice Choprix-Delaby, Elisa Coene, Adèle Hauwel, Lucie Hauwel, Renée Noirynck et Jeanine Van Esch. France - La revue internationale «Esprit» publie le 1er juin 1936 un numéro spécial sur le thème : La femme est aussi une personne. À une époque où on ne connaissait pas l'inflation actuelle d'ouvrages concernant la «question des femmes», une telle initiative était la preuve d'un courage certain. Si les noms de beaucoup, parmi les auteurs des articles, sont tombés dans l'oubli, si certaines des contributions relèvent d'un féminisme très modéré, on peut cependant relever des passages d'un ton résolument moderne, et même radical, le titre même de ce numéro étant déjà tout un programme. D'entrée de jeu, le directeur de la publication, Emmanuel MOUNIER, s'excuse d'avoir utilisé l'adverbe «aussi» qui est là, écrit-il, «avec la désobligeante insistance qu'on est bien obligé d'y faire peser, pour répondre au non moins grossier scepticisme de l'homme» et il ajoute qu'«un prolétariat spirituel cent fois plus nombreux (que la classe ouvrière), celui de la femme, reste en dehors de l'histoire». Parlant de la «femme mariée, personne humaine», Jacques Perret écrit : «Peu importe celui des deux conjoints grâce au travail extérieur duquel un peu d'argent liquide entre dans la caisse commune du ménage.»... «La femme d'intérieur est privée de ce contact vivifiant avec le monde extérieur, seul milieu où des personnes puissent s'épanouir pleinement»... «Quand saurons-nous restaurer un sens de la paternité aussi chaud, aussi proche que celui de la maternité.»... «Dès aujourd'hui il dépend de nous, si nous le voulons, de commencer la Révolution à notre foyer». Grande-Bretagne - Naissance à Gloucester le 2 juin 1875 de Winifred Clara CULLIS (décédée en 1956), docteure en sciences, physiologiste. Elle fut, en 1913, la première femme à être nommée examinateur à la faculté de médecine de Londres où elle devint ensuite professeure de physiologie. Elle fut également la première femme membre de la Physiological Society. Grande-Bretagne - Décès à Londres le 3 juin 1756 d'Elizabeth ELSTOB (née à Newcastle-on-Tyne le 29 septembre 1683), linguiste, spécialiste de la langue saxonne et pédagogue. Elle souligna la nécessité de l'instruction des filles.
Italie - Naissance à Venise le 5 juin 1646 d'Elena Lucrezia CORNARO PISCOPIA (décédée à Padoue le 26 juillet 1684), poétesse et savante qui obtint à Padoue le titre de docteure en 1678. Suisse - Naissance à Genève le 6 juin 1870 de Marguerite CHAMPENDAL (décédée à Genève le 27 octobre 1928). D'abord institutrice, elle devint médecin et fonda à Genève la première «Goutte de lait» et une pouponnière. Grande-Bretagne - Le 7 juin 1866, la première pétition pour le suffrage des femmes est remise dans les locaux du Parlement au philosophe et politicien Fohn Stuart Mill (né à Pentonville le 20 mai 1806 et décédé à Avignon le 8 mai 1873) qui la présenta à la Chambre des Communes. Ce texte fut remis à John Start Mill par deux féministes, Emily DAVIES, fondatrice de Girton College, et Elizabeth GARRETT, la première femme médecin. Pour la petite histoire, nous signalerons que les deux féministes furent guidées par Mr Fawcett et reçurent l'aide de la seule autre femme présente dans le Wetminster Hall, une marchande de pommes dont le nom ne nous est pas parvenu : elle dissimula le volumineux document sous son étal et elle accompagna les deux émissaires. John Stuart Mill mérite de rester dans la mémoire des féministes : il fut un homme éclairé qui paya de sa personne pour leur cause. Dans son ouvrage «Representative Government» (1861), il faisait déjà justice des arguments contre le vote des femmes. En cette même année1861, il écrit «The Subjection of Women» qu'il rédigea avec a belle-fille, Helen Taylor ; mais cet ouvrage ne fut publié qu'en 1869. © Porte Ouverte 1975 / 2004-2012 |