GROUPEMENT BELGE DE LA PORTE OUVERTE

pour l'émancipation économique de la travailleuse

Éphémérides de la semaine

À l'occasion de l'Année Internationale de la Femme instituée en 1975 par l'UNESCO, le Groupement belge de la Porte Ouverte a rassemblé les faits d'un ensemble de femmes qui se sont illustrées dans l'histoire, récente ou ancienne. Afin que ce travail ait un effet durant toute cette année, il fut diffusé vers les journaux et périodiques sous forme d'éphémérides. Seul l'hebdomadaire néerlandophone « MIMO » les a régulièrement publiées.

Les informations ont été rassemblées par Alice Choprix-Delaby, Elisa Coene, Adèle Hauwel, Lucie Hauwel, Renée Noirynck et Jeanine Van Esch.

Grande-Bretagne - Naissance à Thoresby le 26 mai 1689 de Lady Mary Wortley MONTAGU (décédée à Londres le 21 août 1762). Elle est connue pour ses lettres décrivant le vie en Turquie où elle vécut avec son mari nommé ambassadeur à Constantinople en 1716; elle a propagé l'idée de la vaccination antivariolique telle qu'elle l'avait vu pratiquer en Turquie.

Italie - Au cours de la querelle des Guelfes et des Gibelins, le 27 mai 1357, Cia (5 Marzia) degli ORDELAFFI défend, en qualité de chef de l'armée de son mari le condottiere Ordelaffi assiégé à Forli, les rochers de Cesana contre les troupes papales d'Albornoz. Elle était née à Cesena au début du XIVe siècle et mourut à Venise en 1374.

Grande-Bretagne - Décès à Scarborough le 28 mai 1849 de l'écrivain Anne BRONTE (née à Thornton le 17 janvier 1820). Elle est moins connue que ses 2 soeurs également femmes de plume : Charlotte BRONTE (née à Thornton le 21 avril 1816 - décédée à Haworth le 31 mars 1855), auteur notamment de Jane Eyre, et Emily Jane BRONTE (née à Thornton le 30 juillet 1818 et décédée à Haworth le 19 décembre 1848), dont l'ouvrage le plus connu est Wuthering Heights.

France - Naissance à Jouy près de Versailles, le 29 mai 1794, d'Elilie OBERKAMPF MALLET (décédée à Paris le 11 septembre 1856) qui fonda à Paris, en 1826, le premier centre pour recueillir les enfants abandonnés.

France - Le 30 mai 1431, l'héroïne de la guerre de Cent Ans, Jeanne d'Arc (née à Domrémy le 6 janvier 1412) est suppliciée et meurt sur le bûcher à Rouen. Son histoire est bien connue, ainsi que son action pour faire sacrer le roi de France (aux côtés duquel elle se tint pendant la cérémonie) et sa participation à divers combats.

Faite prisonnière des Bourguignons à Compiègne le 23 mai 1430, elle fut vendue aux Anglais pour 10.000 écus d'or et emmenée à Rouen où elle fut livrée à un tribunal ecclésiastique. Son procès politique fut camouflé en procès de sorcellerie et on sait qu'un des reproches faits à Jeanne d'Arc était qu'elle avait porté des habits masculins.

Sans doute aussi, ses succès militaires dérangeaient-ils bien des hommes qui veulent garder le monopole des hauts fais d'armes. Enfin le supplice de Jeanne d'Arc par le feu doit nous rappeler le sort des innombrables «sorcières» qui, au cours des âges, périrent sur le bûcher.

Jeanne d'Arc fut canonisée en 1920 et devint en 1923 une des patronnes de son pays.

France - Le 31 mai 1783, Adelaïde LABILLE-GUYARD (née à Paris le 8 avril 1749 et décédée dans cette ville le 24 avril 1803), peintre, est reçue comme membre de l'Académie, en même temps qu'Elisabeth VIGEE-LEBRUN (née à Paris le 16 avril 1755 et décédée le 30 mars 1842) autre peintre dont nous avons déjà évoqué le souvenir.

Adélaïde LABILLE-GUYARD fut un peintre officiel et fit les portraits des membres de la Cour et d'élégantes femmes de la bourgeoisie... mais aussi, pendant la Révolution, d'hommes politiques comme Robespierre. Elle eut également un atelier où elle forma beaucoup d'élèves.

Sans porter de jugement sur la qualité de ses oeuvres, nous nous contenterons de rapporter l'opinion de deux critiques ; l'un fait d'elle une éloge qui en dit long sur sa considération à l'égard des femmes : «Son toucher ferme et hardi paraît être au-dessus de son sexe» tandis que l'autre reconnaît que «Mme Labille-Guyard prouve que les arts les plus difficiles peuvent être cultivés avec succès par un sexe à qui le préjugé ne permet encore à présent que les grâce et la beauté».

Un biographe écrit qu'Adélaïde LABILLE-GUYARD «combative, ancêtre des féministes actuelles, (elle) obtient après une lutte ardente que l'on supprime la clause interdisant aux femmes le professorat, et qu'on rende illimité le nombre de femmes à l'Académie».

C'est aussi un 31 mai (1888) que Louise-Amélie LEBLOIS accomplit une «première» : celle d'être la première femme à présenter une thèse de doctorat en sciences (botanique) devant la faculté des sciences de Paris.

France - La revue internationale «Esprit» publie le 1er juin 1936 un numéro spécial sur le thème : La femme est aussi une personne. À une époque où on ne connaissait pas l'inflation actuelle d'ouvrages concernant la «question des femmes», une telle initiative était la preuve d'un courage certain. Si les noms de beaucoup, parmi les auteurs des articles, sont tombés dans l'oubli, si certaines des contributions relèvent d'un féminisme très modéré, on peut cependant relever des passages d'un ton résolument moderne, et même radical, le titre même de ce numéro étant déjà tout un programme.

D'entrée de jeu, le directeur de la publication, Emmanuel MOUNIER, s'excuse d'avoir utilisé l'adverbe «aussi» qui est là, écrit-il, «avec la désobligeante insistance qu'on est bien obligé d'y faire peser, pour répondre au non moins grossier scepticisme de l'homme» et il ajoute qu'«un prolétariat spirituel cent fois plus nombreux (que la classe ouvrière), celui de la femme, reste en dehors de l'histoire». Parlant de la «femme mariée, personne humaine», Jacques Perret écrit : «Peu importe celui des deux conjoints grâce au travail extérieur duquel un peu d'argent liquide entre dans la caisse commune du ménage.»... «La femme d'intérieur est privée de ce contact vivifiant avec le monde extérieur, seul milieu où des personnes puissent s'épanouir pleinement»... «Quand saurons-nous restaurer un sens de la paternité aussi chaud, aussi proche que celui de la maternité.»... «Dès aujourd'hui il dépend de nous, si nous le voulons, de commencer la Révolution à notre foyer».


© Porte Ouverte 1975 / 2004-2012

Haut de la page